SCORPIONS Blackout (1982)

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SCORPIONS Blackout (1982)

Message par Hugh le Jeu 18 Fév - 23:05


Après deux années d’inquiétudes dues aux problèmes de voix qui ont failli rendre Klaus MEINE muet, voici que déboule le très, très attendu Blackout.
Rappelez-vous : en 1980, alors que la tournée américaine pour promouvoir Animal Magnetism touche à sa fin, la voix du chanteur fait des siennes. Mais la situation s’aggrave alors que le groupe est en studio pour enregistrer son futur album. Des polypes sont détectés sur ses cordes vocales, Klaus se voit intimer l'ordre formel de s'interdire de prononcer des semaines durant la moindre parole s’il veut pouvoir espérer retrouver un jour ses capacités. Pendant sa longue convalescence, le reste des SCORPIONS continue d’écrire, se faisant aider au chant par un certain Don DOKKEN, tandis que Klaus dispense commentaires et conseils en griffonnant à tout bout de… "chant". Les rumeurs circulent quant l’intégration de DOKKEN au sein du groupe allemand. Mais Klaus MEINE ne l’entend pas de cette oreille et c’est avec un groupe plus uni et soudé que jamais qu’il revient en force avec un Blackout explosif de bout en bout.

Alors que SCORPIONS aurait pu se reposer sur une certaine forme de recette qui a fait le succès de ses deux précédents opus, l’époque en a décidé autrement. Le Hard Rock a subi une profonde mutation grâce à l’explosion de la NWOBHM et les Allemands ont parfaitement su s’adapter sans pour autant se trahir. Si son Hard Rock se fait plus dur et incisif, la marque des arthropodes est bien présente : des guitares douces et déterminées, une rythmique plombée, et un chant déterminé et puissant, des morceaux aux tempi variés rassurent rapidement médias et fans qui répondent en masse, classant Blackout 11ème en Angleterre et 10èmè aux États-Unis.

Une nouvelle fois produit par Dieter DIERKS, Blackout ne prit pas forme à Cologne comme ses deux prédécesseurs mais dans une autre ville de parfums, dans le sud de la France : à Grasse. L’illustration de couverture, une peinture de Gottfried HELNWEIN, fut sujette à questionnement ; même si tout peut laisser croire le contraire, ce n’est pas Rudolf SCHENKER qui servit de modèle...

Démarrant avec un "Blackout" dévastateur et très explicite quant à l’état moral du groupe, l’album enchaine les futurs classiques rendant hommage au public ("Can’t Live Without You"), se faisant plus sage en amour ("No One Like You", "You Give Me All I Need"), ou passionné ("Now", "Dynamite") ou plus langoureuses ("China White"). SCORPIONS atteint une efficacité sans pareil lorsque des rythmes enlevés viennent soutenir des guitares souvent douces et moins systématiquement saturées. La convalescence de Klaus MEINE a chacun des membres du groupe de se rapprocher plus encore, les cinq étant plus unis et soudés que jamais. Matthias JABS est le complice idéal de Rudolf SCHENKER, le duo de guitariste réussissant à totalement fusionner avec la section rythmique composée du bassiste Francis BUCHHOLZ et du batteur Herman RAREBELL. Le line-up idéal d'un groupe au sommet de son art.

Attendue par les fans fidèles et connaisseurs, pour qui un album de SCORPIONS doit en contenir une, la superbe (comme toujours) ballade "When The Smoke Is Going Down" ferme cet album qui clôt une extraordinaire trilogie du Hard Rock. Car même si deux ans plus tard son succès commercial sera décuplé, jamais plus SCORPIONS ne parviendra avec autant de bonheur à extraire et traduire sur un album entier la quintessence de ce qu’est le Hard Rock.

Chronique parue dans METAL INTEGRAL - copie avec autorisation de Raskal

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Re: SCORPIONS Blackout (1982)

Message par d'jo le Ven 19 Fév - 0:03

encore un très bon scorpions bounce le dernier pour ma part jusqu'au stil in the tail en 2010. Jaime beaucoup les albums de scorpions de 1974 a 1982 après j'ai décroché ( trop de ballade pour un groupe de hard même si certaines sont très belle ) bref j'ai renouer avec eux après la sortie du stail in the tail et return to forever clown
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Re: SCORPIONS Blackout (1982)

Message par zepforce le Ven 19 Fév - 7:06

mon preferé de l'ere post roth.
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Re: SCORPIONS Blackout (1982)

Message par Spenser69 le Ven 19 Fév - 14:56

Je pense qu'on est tous globalement d'accord sur ce coup là, mais bon je vous ressert ma prose (ça flatte mon égo). (Chronique publiée dans METAL SICKNESS en juin 2007)

"Blackout" de Scorpions ! Faut-il vraiment chroniquer un tel album ? Après tout ce qui a été dit (en bien ou en mal) au sujet du groupe originaire de Hanovre, comment ne pas tomber dans la redite ou les grosses platitudes ? Après avoir longuement hésité à ré enfiler mon habit d’ancêtre du métal, je m’y résous afin d’expliquer aux générations futures ce que fut cet album en son temps, et la place qu’il faut lui laisser dans l’histoire de cette musique que nous chérissons tous.

1982. Scorpions est un groupe déjà bien établi, avec plus de dix ans d’existence et une bonne fournée d’albums au compteur. Deux disques sont sortis depuis le départ du charismatique Uli Jon Roth et le groupe a pris une direction plus rock, délaissant les inspirations plus hippies de son ex gratteux. Avec le recul, certains vous diront que l’explosion du groupe était prévisible, que ce virage musical était clairement perceptible sur "Lovedrive" et "Animal Magnetism". Certes, j’en conviens. Mais franchement, qui aurait pensé prendre une telle baffe dans la tronche ? Dès la pochette (à laquelle Rammstein rendra hommage sur l’album "Sensucht"), le ton est donné. Ca va claquer dans les chaumières.

Le temps de poser délicatement le vinyle sur la platine (et je souffle sur le saphir pour ôter la poussière), d’entendre les premiers craquements et surgit un premier riff bien agressif, une basse et une batterie qui ne font qu’un. Lorsque le chant arrive (cette voix inimitable qui n’a jamais changé tout au long de la carrière du groupe), on sent qu’il se passe quelque chose, que ce disque est différent, d’une autre ampleur. Le temps de gueuler le refrain à tue-tête et Mathias Jabs expédie un solo de type "je sers la chanson, je ne suis pas là juste pour flatter mon ego". Un final crescendo qui se termine par une explosion de verre (rappel à la pochette) une rythmique très Acceptienne et " one two, one-two, one-two-three-four " c’est parti pour le mythique "Can’t live without you". Klaus Meine chante tout là haut, dans les aiguës mais ça passe. Scorpions est au top et réussi l’alliage parfait de l’agressivité et de la mélodie.

"No One Like You", c’est un riff ultra simple, couplé à une partie solo mélodique. Sur les couplets, arpèges tout en douceur qui contrastent avec le rythme bûcheron du refrain. Côté prod, le son est excellent (pour l’époque) et on sent qu’un soin tout particulier a été apporté à la dynamique des chansons, puisque parties calmes et plus énergiques s’enchaînent avec beaucoup d’aisance.
Même formule pour "You Give Me All I Need". Le groupe se frisouille sur les slows (on le savait déjà) et arrive à mêler ensemble des parties improbables. Carton plein ! Au bout de quatre chansons, on est sur les bases du record du monde ! Avec une guitare solo mise très en avant, le groupe est à fond dans son époque, voire un tout petit peu en avance (d’où le succès du disque).
Avec "Now" retour à la case hard ! J’avais presque oublié cette petite bombe ! Incroyable, c’est sûrement l’un des titres les plus violents de Scorpions. Simple, direct, que du bonheur en 2 minutes trente !

"Dynamite", encore un classique du groupe. Intro enlevée à souhait, chant juste soutenu par la batterie sur les refrains, refrain simplissime d’efficacité, solo dévastateur (Jabs fait tout ce qu’il faut exactement là où il faut), rythmique de folie (Rudolf Schenker secouant la tête de droite à gauche comme un possédé, ça vous rappelle quelque chose ?) et en concert, la légendaire pyramide vivante. Un must du Hard-rock.
On reprend son souffle sur "Arizona" qui sonne davantage comme du Scorpions old-school et on se dirige vers "China White". Basse plombée, batterie en service minimum, riff tranchant par-dessus, il vont nous refaire le coup de "The Zoo" ? Non, simplement, les allemands prennent leur temps pour nous pondre le seul titre long (presque sept minutes), tout en ambiance très 70’s, jusque dans le chant. Une vraie curiosité, à la limite de l’incongrue tant ce morceau tranche avec le reste de l’album. Mais une pièce incroyable en live, qui prouve que Scorpions n’a pas encore totalement tourné le dos à ces premières années.
Et le slow me direz-vous, c’est pour quand ? Et bien on y est ! L’album se termine sur "When The Smoke Is Going Down" qui reste mon préféré de toute la carrière du groupe. Preums parce que j’ai fait saigner mes petits doigts gourds à essayer de reproduire l’arpège. Deuz, parce que le chant est au maximum de l’émotion, troiz, parce qu’encore une fois, la guitare fait ce qu’il faut, sans surenchères stériles ("je vous ai dit que j’adorais ce guitariste ?").

Et voilà, je viens de réécouter cet album d’un bout à l’autre et "Waouh !" en fait, ça se passe de commentaire. 25 ans et pas une ride. Cet album est génial et on comprend mieux pourquoi il a catapulté la carrière du groupe sur une orbite de bien plus grande envergure. En enfonçant le clou deux ans plus tard avec "Love At First Sting" Scorpions venait d’entrer dans l’histoire du hard-rock. Le reste, c’est du blah-blah de scribouillard…
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